21/01/2004

Hannah Arendt

« La légalité fixe des limites aux activités mais ne les inspire pas. La grandeur mais aussi l'inconvénient des lois dans les sociétés libres est qu'elles disent uniquement ce que l'on ne devrait pas faire, mais jamais ce que l'on devrait faire. »

17/01/2004

Emile Zola

« Quand on enferme la vérité sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle d'explosion que, le jour qu'elle éclate, elle fait tout sauter avec elle ».

16/01/2004

Goethe

« Penser, c’est bien. Faire, c’est mieux. Mais faire ce que l’on pense est la chose la plus difficile du monde »

15/01/2004

Roger Dadoun

La sublimation engendre le Sublime qui sans cesse la relance. On désire le pouvoir, cela s’appelle «ambition» ; on progresse à coups de compromis et vilenies, cela s’appelle «réalisme» ; on jouit du pouvoir, cela s’appelle «responsabilité» ; on le conserve par tous les moyens, cela s’appelle  «grandeur». 

Roger Dadoun, La psychanalyse politique, Editions PUF, 1995


14/01/2004

Hannah Arendt

«Le meilleur critère pour juger si quelqu’un se trouve dépourvu de toute protection juridique, c’est de se demander s’il n’a pas intérêt à commettre un crime. Si un petit larcin a des chances d’améliorer sa situation juridique, même momentanément, on peut être sûr que cet individu a été déchu de ses droits de l’homme. Car un acte criminel devient alors la meilleur occasion de retrouver quelque égalité humaine, même si ce doit être en tant qu’exception reconnue à la norme.»

Le merveilleux "dictateur" Charly Chaplin

« Je n'ai ni pris de gants, ni choisi des mots polis, ni tenté de transiger avec quelque chose que la plupart d'entre nous éprouvent profondément. Il n'y a pas de terre promise pour les opprimés du monde entier. Il n'existe aucun lieu au-delà de l'horizon où ils peuvent trouver refuge. Il leur faut tenir debout. »
 

07/01/2004

Mort de Tesla le 7 janvier 1943

Mort de Nikola Tesla. Qui se souvient de ce serbe de Croatie émigré aux USA et collaborateur de Thomas Edison ?  Et pourtant, cet inventeur du courant alternatif (AC) fut également le pionnier du générateur, du moteur à induction électrique, de la télécommande, des rayons X, du sans-fil, de la télécommande, des réseaux informatiques... et bien sur de la bobine de Tesla qui se trouve dans tout écran cathodique. Toutes inventions qui ne lui sont jamais ne serais-ce que co-attribuées.

Son dada c'était les "ondes terrestres stationnaires" qui utilisent le sol comme conducteur électrique et permettent de faire vibrer le sol à une certaine fréquence... le 30 Juin 1908 il fait une expérience destinée à tester la fréquence maximum d'ondes stationnaires pouvant être absorbées par le sol. Localement pas grand chose ne se passe, mis à part un black-out généralisé de la ville et des arcs voltaïques sur les installations électriques autour de son labo... mais à quelques milliers de kilomètres de là, à Tunguska en Sibérie, ce jour là, une gigantesque explosion (évaluée à 40 mégatonnes, 200 fois Hiroshima) dont les causes sont encore mal expliquées (bien qu'on penche aujourd'hui pour une météorite rasante), dévaste 2000 Km2 de forêt... pendant 15 jours des tempêtes magnétiques affectent le champ magnétique terrestre... coïncidence?

S'étant fait piquer le moteur électrique par Edison et le prix Nobel par Marconi, de plus ayant perdu toute sa fortune dans des projets technologiques trop en avance pour son temps (et dont bon nombre sont appliqués aujourd'hui, tel que le WI-FI ou bien Internet via le réseau électrique), Tesla perd un peu les pédales... il meurt en janvier 1943 alors qu'il travaille à un prototype de "Rayon de la Mort" pour le compte de la US Air Force... Après sa mort le FBI confisque la totalité de ses effets personnels et surtout toutes ses notes de travail...
http://www.teslasociety.com/

04/01/2004

Les penseurs de notre temps: Tocqueville

"Les peuples peuvent donc tirer deux grandes conséquences politiques du même état social... L'égalité produit, en effet, deux tendances: l'une mêne directement les hommes à l'indépendance et peut les pousser tout à coup jusqu'à l'anarchie, l'autre les conduit par un chemin plus long, plus secret, mais plus sûr, vers la servitude." (Tocqueville, "De la Démocratie en Amérique")

02/01/2004

Les penseurs de notre temps: Machiavel

"Le Prince doit savoir entrer dans le mal s'il le faut... Apprendre à pouvoir ne pas être bon... C'est qu'un Prince, et surtout un Prince nouveau, ne peut observer toutes ces choses pour lesquelles les hommes sont tenus pour bons, étant souvent contraint, pour maintenir l'Etat (mantenere lo stato), d'agir contre la foi, contre la charité, contre l'humanité, contre la religion."   Machiavel

01/01/2004

Michel Onfray sur la déraison du plus fort

"La déraison du plus fort est toujours la meilleure : le droit n'est pas juste, ni la justice équitable. On le saurait sinon ! Chacun constate à l'envi la double loi sadienne qui mène le monde : prospérités du vice et malheurs de la vertu... Le droit procède moins de la revanche des faibles sur les forts - version nietzschénne - que de la domination pérennisée des puissants sur les misérables - version La Fontaine et Marx réunis. Sauf contorsions idéologiques, on ne sort pas de cette évidence.

Chaque époque suppose la domination d'une civilisation : dire le droit procède de ses attributs régaliens. En fonction de ses seuls intérêts à être, prospérer, vivre et survivre, elle fabrique des lois, édicte des formules, décide du juste et de l'injuste, pose le bien et le mal, établit la norme et contraint ce qui résiste à rentrer dans la Machine juridique, éthique et métaphysique fabriquée pour son propre usage.

Évidemment, elle argue d'idéaux sublimes : la liberté des citoyens, l'égalité des sujets, la fraternité des hommes, la justice sociale et autres fictions ronflantes.

En fait, la civilisation qui fabrique l'époque vise la maintenance de ce qui la fait être : la brutalité des prédateurs, la violence des décideurs, la puissance des prescripteurs. Le bien de la nation ?

L'intérêt du peuple ? La prospérité de l'État ? La sécurité des citoyens ? La grandeur du pays ? La souveraineté républicaine ? Le principe démocratique ?

Laissez-moi rire... Le droit sert les puissants flanqués par les marchands, protégés par la soldatesque, appuyés sur la police, soutenus par les banquiers, légitimé par les institutions. L'exemple des États-Unis qui, au nom de Dieu et du Bien, méprisent souverainement le droit international, le droit naturel et le droit des gens - excusez du peu - montre malheureusement la validité de mes sinistres hypothèses. Les résolutions d'un organisme international ? Ils s'en moquent... Les inspections effectuées au nom du droit par des juges impartiaux ? Peu leur importe...

Les votes démocratiques de nations souverainement représentées ? Écartés d'un revers de la main... Les consultations diplomatiques, les discussions politiques, les débats contradictoires, les confrontations démocratiques dans le cadre de l'Onu ? Peanuts...

Lançons plutôt l'Armada en direction des populations pendant que le dictateur s'installe dans son trou à rat, un bunker cent mètres sous terre où il attendra avec ses affidés que le feu rase sa nation. Le droit sert juste à mater les petits, réprimer les faibles, loger les sans-grades. Le Code pénal, le Code civil, les tribunaux ? Tout justes bons à envoyer les voleurs de poules en prison, à mettre derrière les barreaux les amateurs de pétards, à coffrer les prostituées habillées trop court, à soumettre les élèves qui insultent un professeur dans un collège, à dresser les ados réunis dans les cages d'immeubles, à punir les braqueurs de scooters. Dans ces seuls cas, la Loi est grande, le Droit puissant, la Justice reine.

Pour les puissants ? Pas de droit, autant dire tous les droits. Détourner l'argent public, abuser des biens sociaux, s'enrichir avec l'argent du contribuable, se bâfrer ou entretenir sa famille naturelle grâce à l'impôt public, s'offrir une collection de statuettes anciennes ou de chaussures faussement orthopédiques, spolier les mutuelles étudiantes ou les offices locataires de HLM pour payer en liquide ses voyages et ses vacances, etc. Et le premier qui insulte le drapeau français, la loi ledit, le droit confirme - au tribunal !

Michel Onfray